Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

10 juillet 2004

Veille

J'essaie de ne pas y penser.
J'essaie de ne pas attendre la sonnerie du téléphone.
J'essaie d'espérer que deux mails, comme deux bouts de bois lancés à la va-vite dans le courant furieux d'un torrent en crue auront été agrippés par ses mains implorantes.
Même mécaniquement, même sans vraiment le vouloir.
J'essaie de me dire que ce fameux instinct de survie que j'ai longtemps craint avant de le juguler lui remontera à la gorge comme un reflexe.
J'essaie de ne pas m'en vouloir d'être si parfaitement illogique avec mes propres projets, ma propre éthique de vie et de mort.
J'essaie de me convaincre que ce n'est pas lui manifester un manque de respect.
J'aurais voulu être certaine qu'il n'y avait rien à attendre, rien à espérer pour lui.
C'est trop jeune. Il est beaucoup trop jeune.
Je ne parviens pas à m'empêcher d'espérer qu'il échoue même si je connais l'horreur infinie de ce moment.
Le moment où l'on comprend qu'on a échoué. Qu'on est toujours là.
Survivant hébété.
Vase brisé.
Fragment d'un soi qui n'existe plus et qui n'existera jamais plus de la même manière, de la même matière.
Autre pour toujours différent.

J'écoute Cure et j'attend un signe.
Que ce soit un appel dans la nuit ou le silence, de toutes façons, pour moi, ce sera un signe.

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