Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

17 avril 2004

"She was a gordian shape..."

Lamia - J. W. Waterhouse

 

Un extrait de ce poème parmi les plus beaux de Keats, pour le plaisir de la musicalité et du songe...

 

"She was a gordian shape of dazzling hue,
Vermilion-spotted, golden, green, and blue ;
Striped like a zebra, freckled like a pard,
Eyed like a peacock, and all crimson barr'd ;
And full of silver moons, that, as she breathed,
Dissolv'd, or brighter shone, or interwreathed
Their lustres with the gloomier tapestries -
So rainbow-sided, touch'd with miseries,
She seem'd, at once, some penanced lady elf,
Some demon's mistress, or the demon's self.
Upon her crest she wore a wannish fire
Sprinkled with stars, like Ariadne's tiar :
Her head was serpent, but ah, bitter-sweet !
She had a woman's mouth with all its pearls complete :
And for her eyes : what could such eyes do there
But weep, and weep, that they were born so fair ?
As Proserpine still weeps for her Sicilian air.
Her throat was serpent, but the words she spake
Came, as through bubbling honey, for Love's sake,
And thus ; while Hermes on his pinions lay,
Like a stoop'd falcon ere he takes his prey."

 

"Lamia" est un long poème de John Keats (et donc aussi un tableau de John William Waterhouse qui s'en inspira), narrant la légende d'une femme-serpent qui ravit dans ses enchantements un jeune Grec de Corinthe ; cette magicienne ne peut cependant le faire entièrement croire à leur bonheur ; le rêve ou le charme est rompu par le froid regard scrutateur de l'homme.

Le rêve... Oneiros... brisé par le réel, fracassé par le monde physique et rationnel... un monde débarrassé du merveilleux, du sublime, de la notion d'éternité... un monde sans Tristan et Iseult...

Est-ce ainsi que les hommes ne rêvent pas ?
Est-ce incontournable, inévitable ?
Y a-t'il deux espèces d'êtres sur cette terre boueuse : ceux qui sont capables de sublimer le sentiment amoureux par une forme de magie interne qui brise toutes les contingences et ceux que la réalité entraîne inéluctablement vers le sol, ramène vers les rives fangeuses de cette normalité à laquelle ils pensaient pourtant échapper, de laquelle ils se croyaient assez détachés pour pouvoir s'en évader ?

Are we blessed or are we cursed ?

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Posté par Oneiros à 02:16 - Agapè - Commentaires [0] - Permalien [#]

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