Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

29 mai 2004

Gurthang, la lame qui me parle....

 

Ou comment les légendes vous distraient pitoyablement (au sens étymologique du terme.... les légendes sont toujours moins cruelles que la réalité) de vos spirales descendantes autant qu'intimes....

Gurthang l'Epée noire, anciennement Anglachel, sculptée dans un astéroïde (tiens ?) : « Oui, je boirai ton sang avec joie pour oublier le sang de Beleg, mon maitre, et le sang de Brandir, tué injustement. Je te tuerai promptement ».

Et oui aussi, c'est bien Glaurung, père de tous les dragons, qui agonise derrière... il n'y a pas que moi qui les vainc en rêve... Turín, mon frère d'armes, m'avait précédée.

 

Suite à une note trouvée ailleurs qui clamait sa fascination pour la geste de Turín, le Narn i Hín Hurín, je suis repartie voir le site de John Howe , illustrateur parmi les plus célèbres (et à juste raison) de Tolkien, résidant Suisse (aussi...). Je me suis évadée et "allégée" à contempler sa vision de la Terre du Milieu et de la cosmogonie tolkienienne... comme toujours.
Son dernier livre est à la tête de mon lit. C'était mon cadeau de Noël 2003, dédicacé de la main de l'auteur.... il avait attendu des heures pour l'obtenir, la précieuse signature...

Ou comment, ironiquement, sortir provisoirement des sables mouvants sur fond d'histoire de malédiction, de meurtres, de suicides...

D'ailleurs, et tant que j'y suis, je précise à "Tout est nul" que Tolkien a toujours dit qu'il s'était largement inspiré de l'histoire de Kullervo, heros du Kalevala finnois (comme aussi très probablement de l'histoire d'Oedipe et de Sigurd) dans ses "Letters", toujours pas traduites en français mais ça ne saurait tarder...

La vie a parfois des détours insoupçonnés pour vous rattraper par la manche.

Turín et son destin et sa fin, encore un reflet... décidemment, le monde est vraiment aussi morbide que rond....

Et avec la Lune Noire en Bélier et en Maison 3, ma fascination pour les armes blanches était déjà écrite....

Le problème, c'est que tout est éphémère.
Bulle de savon picturale et mythologique. A quelle heure vas-tu m'éclater à la figure en brumisation irisée ou sanguinolante ? Dans combien de temps ? Combien de minutes ? Combien de secondes ?

Are we blessed or are we cursed ?

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 20:57 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Aliénés calcinés...

 

Antonin Artaud - Autoportrait

« Les asiles d'aliénés sont des réceptacles de magie noire, conscients et prémédités. Et ce n'est pas seulement que les médecins favorisent la magie par leur thérapeutique qu'ils raffinent, c'est qu'ils en font.
S'il n'y avait pas de médecins, il n'y aurait pas de malades, car c'est par les médecins, et non par les malades, que la société a commencé. Ceux qui vivent, vivent des morts, et il faut aussi que la mort vive... Il n'y a rien comme un asile d'aliénés pour couver doucement la mort, et tenir en couveuse les morts. Cela a commencé 4000 ans avant J.C., cette technique thérapeutique de la mort longue. Et la médecine moderne, complice en cela de la plus sinistre et crapuleuse magie, passe ces morts à l'électrochoc ou à l'insulinothérapie, afin de bien, chaque jour, vider ces haras d'hommes de leur moi, et de les présenter, ainsi vides, ainsi fantastiquement disponibles et vides, aux obscènes sollicitations anatomiques et atomiques de l'état appelé «bardot». Livraison du barda de vivre aux exigences du non-moi. Le Bardot est l'astre de mort par lequel le moi tombe en flasque, et il y a, dans l'électrochoc, un état flasque, par lequel passe tout traumatisé. Ce qui lui donne non plus à cet instant de connaître, mais affreusement et désespérément méconnaître ce qu'il fut quand il était soi. J'y suis passé et ne l'oublierai pas. »

(Entretien radiophonique quelques mois avant sa mort)

 

Les mots que nous employons
on me les a passés
et je les emploie,
mais pas pour me faire comprendre,
pas pour achever de m'en vider,
Alors pourquoi?
C'est qu'en réalité je ne les emploie pas
En réalité je ne fais pas autre chose
que de me taire
et de cogner.

(Suppôts et supplications)

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 17:30 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Novocaïne for the soul

 

 

Novocaïne for the soul

Life is hard, and so am I.
You'd better give me something so I don't die.
Novocaine for the soul
Before I sputter out. x2

Life is white and I am black,
Jesus and his lawyer are coming back.
Oh my darling, will you be here
Before I sputter out. (x3)

Guess who's living here with the great undead.
This paint-by-numbers life is fucking with my head,
Once again.

Life is good and I feel great,
'Cause mother says I was a great mistake.
Novocaine for the soul
You'd better give me something to fill the hole
Before I sputter out. (x5)

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 13:10 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Corail de spasmes

 

(Cliquez pour agrandir)
La nébuleuse Rosetta

"Au regard de la nuit vivante, le rêve n'est parfois qu'un lichen spectral.

Êtres que l'aurore semble laver de leurs tourments, semble doter d'une santé, d'une innocence neuve, et qui se fracassent ou se suppriment deux heures après...
Êtres chers dont je sens la main."

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 02:10 - Etoiles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mai 2004

Venin...

 

Besoin de venin, ce soir...

 

Je viens de revoir ça....

"Il paraît que l'Empereur de Byzance, quand il recevait le peuple en audience, avait un trône qui pendant la conversation, s'élevait mystérieusement dans les airs à la grande consternation des visiteurs.
Mais comme nous vivons en démocratie, j'inverse la procédure, je ne m'élève pas, je m'abaisse".

Violet Venable (aka Katherine Hepburn), trônant dans l'ascenceur ridicule qui lui sert à passer du 1er étage au rez-de-chaussée de sa tout aussi vénéneuse maison qu'elle,  dans "Suddenly last Summer" de Joe Mankiewicz.

 

Pour le reste....

Bah... autant revoir Cléopatre, version "définitive", pour la 100.000ème fois que s'échiner à se faire comprendre...

Et puis ça finit aussi sur une histoire de venin...

"Il en est qui laissent des poisons, d'autres des remèdes.
Difficiles à déchiffrer.
Il faut goûter."

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 23:14 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Ava...

 

Pour la Maria d'Amata de la "Comtesse aux pieds nus" de Joe Mankiewicz...
Pour la Pandora du "Hollandais volant" d'Albert Lewin...
Pour la chanson d'Alain Souchon...
Pour la robe...
Pour le plaisir et la magie...

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 20:55 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Ecoute... Brel... en pensant Pavese

(Cliquez sur le lien pour lancer Real... )

Jacques Brel Les désespérés - "Jef"

Se tiennent par la main
Et marchent en silence
Dans ces villes éteintes
Que le crachin balance
Le sol que leur pas
Pas à pas fredonné
Ils marchent en silence
Les désespérés

Ils ont brûlés leurs ailes
Ils ont perdu leurs branches
Tellement naufragés
Que la mort paraît blanche
Ils reviennent d'amour
Ils se sont réveillés
Ils marchent en silence
Les désespérés

Et je sais leur chemin
Pour l'avoir cheminé
Déjà plus de cent fois
Cent fois plus qu'à moitié
Moins vieux ou plus meurtris
Ils vont terminer
Partent en silence
Les désespérés

Lente sous le pont
L'eau est douce et profonde
Voici la bonne hôtesse
Voici la fin du monde
Ils pleurent leurs prénoms
Comme de jeunes mariés
Ils fondent en silence
Les désespérés

Que se lève celui
Qui leur lance la pierre
Ils ne sait de l'amour
Que le verbe s'aimer
Sur le pont il n'est plus rien
Qu'une brume légère
Ça s'oublie en silence
Ceux qui ont espéré


Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 16:39 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La plus atroce offense

Le 5 Octobre 1938, Cesare Pavese écrit dans son Journal : "La plus atroce offense que l'on puisse faire à un homme c'est de nier qu'il souffre".

Ce n'est pas d'un public qu'a besoin l'homme qui souffre, c'est d'une oreille arrachée au temps présent, d'une présence. Les suicidés de la littérature le disent partout dans leurs écrits.
Mais les livres, les journaux, les lettres et les carnets des écrivains sont dans des bibliothèques, à l'abri des meurtrissures de l'univers.
On ne songe pas à eux lorsqu'on pense au suicide.
On consulte des sociologues, des statisticiens, des psychologues, des médecins, des chimistes.
On compare des courbes, des chiffres, d'une région à l'autre, d'un pays à l'autre. Familles désunies, problèmes d'alcool et de drogues, drames affectifs, abandon scolaire, enfances malheureuses, violence conjugale, problèmes de santé mentale, dépression, détresse existentielle.
Des mots, encore des mots pour couvrir la saleté de la souffrance.
La camoufler en la banalisant, en la maquillant, en l'édulcorant, en l'instrumentalisant et la déformant mille fois.
La travestir en fantôme d'elle-même.
La dernière chanteuse d'une StarAc quelconque qui beugle avec vibrato insupportable (et interminable) dans la voix un "je ne peux vivre sans toi" tout en admirant et surveillant l'effet que ça produit sur son auditoire... du coin de l'oeil...
Un effet de scène sans effet de sens.
Roland Barthes disait déjà : « Ce que le public réclame, c'est l'image de la passion, non la passion elle-même. »

Souffrir ce n'est rien, ce pourrait être grand, être humain.
Ce qui est impossible à chaque humain, c'est de souffrir pour rien, pour personne, même plus pour soi.

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 15:01 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Carmel

Association d'idées en rapport avec le silence... c'est comme pour les liens qu'on trouve sur les blogs ou les sites, parfois, ça mène dans toutes les directions... même les plus biscornues !

N'étant ni croyante ni dotée d'une quelconque connaissance sur la question religieuse, il se peut que je me trompe quant à la terminologie ou aux définitions qui suivent mais ça n'est pas trop grave.

Si je ne m'égare pas, il y a en gros deux sortes de religieuses, les cloîtrées contemplatives, enfermées, consacrées à la prière et les religieuses en contact avec le monde... en très gros, hein !

Jusqu'à présent, j'ai toujours eu un peu de mal à comprendre le choix des premières. Cette vie qui m'apparaissait "inutile", cet enfermement et ce refus de tout contact avec la vie séculière ou laïque, le refus également de toute distraction ou activité qui les détournerait de l'axe de leur vie, la prière en leur dieu, la méditation.

Et puis finalement, je me demande si c'est bien un choix.

Autant je vois une forme de vocation dans le destin de religieuses qui se consacrent au service d'un dieu au travers du service aux autres.
Autant je me demande si on peut réellement parler de "vocation" dans le cas des Carmélites, par exemple.
Est-ce que ce n'est pas plutôt de l'ordre de la pulsion irrépressible,  de leur tempérament ?
En fait, est-ce qu'elles ont vraiment le choix (ou fait un choix) et pas plutôt suivi la pente de leur nature parce qu'à un moment donné, elles se sont senties incapables d'agir autrement ?

Y a-t'il réellement "sacrifice" admirable quand on suit la course de sa passion plutôt que de la contraindre ?

Tout à coup, elles me semblent beaucoup moins "deshumanisées"...

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 13:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Arme blanche

Pourquoi dit-on d'un silence qu'il est "à couper au couteau" ?

Si ce n'est pas de la provocation, ça....

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 11:56 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »