Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

15 mai 2004

Les oiseaux sont cons...

Si !... les oiseaux SONT CONS !

Comme dans pratiquement tous les immeubles urbains datant de moins de 20 ans, j'ai des volets roulants.
Donc caisson, machin, toussa....

Alors pourquoi ces abrutis de piafs persistent-ils à faire leur nid de façon totalement irresponsable, où l'un des  membres de leur progéniture couineuse va forcément tomber  dans le piège fatal ?
Je ne sais pas comment ils s'y prennent et je ne veux même pas le savoir mais il y en a toujours UN pour faire suffisamment le zouave et s'enquiller dans le rouleau/caisson du volet roulant en question. J'habite au dernier étage, z'avec les gouttières, mais c'est pas une raison.

Et là, il se passe quoi, me direz-vous, qui me foute en l'air ma journée voire plus ?

Ben le malheureux piaf fait la seule chose qu'il soit capable de faire : il piaille !

Et il piaille JUSQU'A LA MORT ! CHEZ MOI ! EN DIRECT LIVE ET CAISSONS DE BASSE ! QUE DIS-JE ! EN DOLBY SURROUND STEREO 5 ENCEINTES !

Et je ne peux strictement rien y faire.
Je ne vais pas démonter les murs, ni alerter la maréchaussée (laquelle ne m'apprécie que très modéremment, il faut bien le dire), qui n'y pourrait rien même si elle en avait le désir (probabilité incongrue).
Je ne vais pas alerter mon proprio qui va me rire au nez.
Je ne vais pas faire de la varappe en ressortant mes chaussons d'escalade pour que dalle vu que je n'aurai définitivement pas accès au noeud du problème.... alors extirper le baudrier et tout l'attiral, franchement, je ne vois pas l'intérêt !

Bref.... condamnée à entendre les vagissements désespérés de la foutue bestiole me vriller le cerveau de leur incommensurable détresse..... jusqu'à ce qu'il crève !

Et là..... C'EST LE CAS !

Il y en a un qui a réussi l'exploit de bêtise de se fourrer là où il va mourir d'inanition.... et je suis obligée d'assister auditivement au massacre.

Bartlebooth à raison : les oiseaux sont cons.
Je me demande si je ne vais pas dormir dans ma R5 ce soir..... ou alors je me murge sévère avec un bon Jeff Mills à fond les manettes (zut... là c'est mon CRS du dessous qui alerte ses copains mononeuronaux.... coincée !)

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Desnos... et Bashung

 

Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes
En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit
Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien
Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit
Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et des buissons d'orties je marcherai vers l'écume
Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front et mes yeux
Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité
Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde
Jamais d'autre que toi
L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux de cuivre vert- de-grisés
Quelle évasion!
C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites filles en présence d'une cage où s'agite un serin tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud
Nous passerons d'autres lignes
Jamais jamais d'autre que toi
Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de banlieue seul comme le verre
Et toi jamais d'autre que toi.

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14 mai 2004

Sophistication de l'abîme

Pour un crime parfait, il faut un alibi parfait.
Tous les assassins savent ça.
Peu y parviennent. Même Hitchcock s'y est cassé les dents.

Ou alors, il faut que l'alibi vienne à vous.
Le laisser s'approcher, vous tourner autour, faire semblant de ne pas voir ses manoeuvres d'encerclement.
Lui laisser croire qu'il a la main alors que vous l'avez éventé depuis longtemps.
Faire comme si de rien n'était puisque c'est le rien qui est devenu votre abri inaccessible, justement.

Marionettiser la bête  à son insu pour lui faire croire que vous êtes la victime et elle, la faux qui vous décapitera.

Alors qu'elle n'est que votre instrument.
Rien de plus. Rien de moins.

La sophistication de la mise en abîme me perdra mais, au bout du compte, c'est moi qui gagnerai.

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Tour Sombre

"Si tu ne libères rien de toi
pour retenir plus certainement l'angoisse
car sans l'angoisse tu n'es qu'élémentaire,
ni ne corriges pour rendre unique,
tu pourriras vivant."

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Mon cauchemar, amant nocturne

Eclair blafard.
Sang écarlate sur le cuir noir.
Cette fois-ci, la lame s'est enfoncée plus profondemment qu'à l'accoutumée.

Nausée après un précipité de souffrances. Respires-tu ?

Je ne suis plus qu'un amas de cellules terrorisées.

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L'ange qui veillera sur ma nuit...

Sylvie Guillem et Laurent Hilaire dans "Manon"
(nota : si vous ne voyez pas l'image, soyez assez gentils pour me le signaler que je l'enregistre au lieu de faire un lien... merci !)

 

"Du bonheur qui n'est que de l'anxiété différée.
Du bonheur bleuté, d'une insubordination admirable, qui s'élance du plaisir, pulvérise le présent et toutes ses instances."

René Char - Fureur et Mystère - Feuillets d'Hypnos

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13 mai 2004

Donald et Deer Hunter

Les hasards... parfois...

Hier, mon père de moi que j'ai qui fait ses 20 kms en pliant ses 1m90 dans sa Twingo, pour m'apporter les rares brins de muguet qui ont fini par fleurir avec 15 jours de retard...
Avec, un article du Monde 2 sur Michael Moore et un bouquin de Philip Roth que je n'ai pas lu, "La tache"...
Nous voilà partis sur la littérature américaine et, de digressions en digressions, on embraye sur la culture ou l'inculture, au choix, et cette impression persistante qu'il y a deux Amériques qui s'ignorent de plus en plus, voire qui s'affrontent.

Où les Delillo, les Auster, les Palahniuk, les Faulkner, les Dos Passos ? Dans quelles bibliothèques improbables ?

Et ce matin, je tombe sur ce billet de l'incontournable Grosse fatigue...

"Le pauvre Donald, il a bien changé. Autrefois roi des dessins animés, le voilà secrétaire d'État à la défense, ou à l'offense, selon le sens du vent. Le voilà à la télé qui se plaint de ce que d'autres ont fait en son nom. Torture, humiliations, saloperies en tous genres de guerre, dure loi de la guerre. Ce genre de choses seraient étrangères à la culture américaine, la belle affaire.

Cela fait déjà longtemps que l'on sait à quel point les hommes normaux n'ont rien d'extraordinaire et qu'en période de guerre, on transforme le moindre blaireau en loup. La soumission militaire y est pour quelque chose, on n'est plus responsable de rien. Toutes les guerres se posent en décors de cette laideur typiquement humaine, panoramiques à 360°. Il serait temps d'interdire la guerre.

Mais la culture américaine, c'est quand même autre chose. La culture américaine n'a pas massacré les Amérindiens, ils l'ont sans doute bien cherché. Et ces Noirs en esclavage pour de bon jusqu'en 1964 et pour de faux jusqu'à aujourd'hui, dans leurs têtes esclaves de l'enfermement caricatural dans une image de second rôle communautaire ? Ces femmes en serial-killer ? Ces clans avec cas dans la langue de Shakespeare comme un cheveu sur la soupe populaire ? Ces curetons V.R.P. bibles bidons (sic) à la main, arpentant la vieille Europe de déceptions en déceptions ? Cette omniprésence d'une obésité prime-time et de la vulgarité en greffe cérébrale ?

Où est-elle donc cette culture américaine ?

Quelque part cachée, cinéma, littérature, architecture, jazz. Pas un ingrédient dans la liste pour enrichir l'encéphalogramme plat d'un guerrier, ou d'une guerrière, de ces bouseux miteux à la mythologie road 66 marketisée post-nineties, partis au combat pour financer des études payantes et sans amour de l'art. Encore plus minables que les amis de De Niro dans Voyage au bout de l'enfer* ; car ces prolos-là avaient au moins l'excuse de quitter des usines pas encore désaffectées ; encore plus dégénérés que les péquenauds de Delivrance. En voilà des exemples mon bon Donald, même la culture amerloque s'en nourrit, de ces hommes dénaturés, de ces dégénérés par des générations télévisuelles et patriotiques. Le bon terreau que voilà, cet exotisme crade à l'abandon, celui qui ne fascinera bientôt plus personne, tant il sera proche, là, à nos portes, tous égaux, produits dérivants de l'hégémonie américaine et de sa simplicité grossière, Huntigtonneries en raffarrinades, la grande égalité des penseurs cons.

Mais la culture ? Où ira-t-elle se (dé)nicher ?"

*le titre américain est bien meilleur : "The deer hunter", "Le tueur de biches"

 

Entre les décapitations des uns, les viols des autres et le degré zéro de certains, j'ai fait l'impasse sur les nouvelles tout sauf "fraîches"...
Je suis allée me chercher mes 3 concerti pour piano de Prokofiev par Ashkenazy et je les ai mis très très fort.

Il y a même de grandes chances pour que j'explose définitivement le second serveur et que je les réencode en partie pour les glisser dans la discothèque...
Je sais bien que ça n'attirera pas la foule de la Nouvelle Star mais je m'en contrefiche... je me l'offrirai pour le plaisir et à contre-courant.

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12 mai 2004

Guillem du soir... espoir

 

Je crois que je vais m'offrir un petit Guillem tous les soirs, histoire d'oublier la mesquinerie, la veulerie, la fatuité et la médiocrité du monde et des "hommes" qui la composent....

La danse, ça aurait du être ma vie si on ne m'avait pas opposé l'inusable et si commun "Passe ton bac d'abord".... et plouf, le concours d'entrée au Conservatoire alors qu'il était dans la poche !
Il y a des blessures comme ça qui te construisent... ou te déconstruisent à jamais...
Après ça, tu te dis que rien ne vaut plus la peine de rien, toi comprise, surtout toi comprise, puisque tu seras définitivement ailleurs et autre mais en même temps, jamais plus là, jamais plus autre.

A demain pour d'autres "guillemeries"....

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Un ruban de satin rose...

Hier, confiante par inadvertance en un timide rayon de soleil qui semblait présager d'une remontée de température, j'enfile un fourreau chinois... mal m'en prit ! C'est bien joli les robes artistiquement fendues sur le côté mais quand le thermomètre n'arrive pas à décoller au-dessus de 14°, ça devient du masochisme assez rapidement !

Exit donc le satin noir savamment brodé de fleurs de pommiers et rush vers le portant, histoire de trouver un truc plus chaud. 

Je dégotte vite fait un pull col roulé noir et extirpe au jugé ce qui me tombe sous la main à ce moment-là.... ma salopette de charpentier genre 15 tailles de trop, noire elle-aussi... on change pas ses habitudes comme ça !

Pas mise depuis bien plus d'un an, va savoir pourquoi...

Et là.... le petit memento auquel on ne s'attend jamais avant qu'il ne vous saute à la gorge...
Une incongrue tâche pâle couleur pétale de rose accrochée à la bretelle... un noeud de satin...

C'était il y a deux ans.
Je lui avais avoué ne pas avoir dans ma pléthorique discothèque d'enregistrements de l'opéra de Mussorgsky, la Khovantchina. J'avais bien le fameux "Boris Godunov" mais pas celui-là....
Quelques jours après, colis dans ma boîte aux lettres (à l'époque, j'avais des raisons de l'ouvrir) et à l'intérieur, outre la lettre d'amour et les CD gravés de la merveille en question... une boîte de chocolats que la poste suisse avait épargnée.
Pas n'importe lesquels ! De chez Blondel ! La meilleure chocolaterie de Lausanne !
C'était un peu le coup de pied de l'âne en forme de moquerie tendre puisque je clamais haut et fort depuis quelques temps que le chocolat était né à Bayonne et non pas ni outre-Quiévrain ni outre-Alpes... juste pour enquiquiner le monde, ma soeur jumelle de coeur belge et mon âme-soeur suisse, quoi !
De toutes façons, j'avais tout de même raison parce que ce sont bien les conquistadores qui ont ramené la précieuse fève aux Rois très Catholiques d'Espagne par les ports basques.... non mais !

La dite-boîte, dorée, fut vidée en un quart de tour. Et conservée pieusement, elle aussi.
Et le ruban rose qui l'agrémentait en guise de fermeture est venu, en défi joyeux, orner par dérision la fameuse salopette ! Photos webcam à l'appui !

Après ça, je me souviens qu'on n'avait pas cessé de faire des allusions décodables par nous seuls (et franchement déplorables !) à des "Candy à couettes aux gros noeuds roses" et autres "petit prince des collines" sur les fora où l'on retrouvait toute notre bande habituelle.
Plaisir intime du secret, de la plaisanterie comprise par les seuls deux initiés, dont on usait et abusait...

Depuis hier, ce noeud rose, il est sur mon côté gauche et je ne sais pas si c'est purement psychologique ou si la magie opère encore mais je n'ai plus mal. Pas eu besoin des anti-douleurs journaliers, ni d'autres adjujants moins classiques pour juguler la bête à pinces. Matée.

Je sais que ça ne durera pas mais tant qu'il est là, sur mon coeur, ce satin rose dérisoire, ce sont des mois d'effacés, d'oubliés,
Une tâche rose pour remonter le temps.
Je porte tes couleurs, mon âme.

 

En fouillant, j'ai retrouvé aussi tous mes Dead Can Dance que j'écoutais assez souvent à cette époque précise et je vais en mettre 6 dans la discothèque.

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Dans la famille Sarkozy...

... je demande le grand frère !

mercredi 12 mai 2004, 10h10

Le vice-président du MEDEF rejette toute augmentation des prélèvements pour financer l'assurance-maladie

PARIS (AP) - La "meilleure solution" pour résoudre le déficit de l'assurance-maladie "est que le système se régule lui-même", déclare le vice-président du MEDEF Guillaume Sarkozy, qui rejette toute augmentation des prélèvements pour financer l'assurance-maladie.

"Augmenter les prélèvements, c'est casser une croissance (...) sans éclat", explique dans un entretien publié mercredi par "La Tribune" Guillaume Sarkozy, chargé de la protection sociale au sein du Mouvement des entreprises de France (MEDEF). "Nous avons déjà les prélèvements les plus élevés au monde. Il n'est pas possible d'aller plus loin."

Il approuve toutefois la mesure de "dossier médical partagé" proposée par le ministre de la Santé et de la Protection sociale Philippe Douste-Blazy pour maîtriser les dépenses, sans toutefois pouvoir dire si cette mesure sera "suffisante".

"Pour nous, la meilleure solution pour résoudre le déficit est de faire en sorte que le système se régule lui-même. Il ne doit plus y avoir de déficit structurel", met en garde le numéro deux du MEDEF. "Commençons par agir sur les dépenses", ajoute-t-il.

Source : http://fr.news.yahoo.com/040512/5/3soyj.html

La régulation du système, quand ce sont les deux pignoufs Sarkozy qui s'en mêlent, ça donne par exemple, le déremboursement de médicaments pour la circulation veineuse, couramment usités par les femmes qui travaillent debout, genre ouvrière en travail posté, vendeuse en magasin, coiffeuse, etc.... bref, que des rupines !

C'est du médoc de confort, ça, ma p'tite dame ! On s'en fout que votre vie soit un enfer si vous soulagez pas vos gambettes ! Z'avez qu'à  porter de gracieux bas de contention ! Comment ça, ils z'ont pas ça chez Chanel ?????
Z'avez qu'à faire comme Cecilia, vous faire embaucher sans compétences par votre mari, exiger la modernisation complète du mobilier des palais nationaux et la salle de massage attenante quand vous aurez mal aux bouts des escarpins Gucci !

Sont pas malines, ces pauvresses, quand même !

A part ça, ils sont gracieux chez Yahoo..... ils n'osent même pas donner le nom du "vice-président du MEDEF" en titre de news ! Des fois que les français réalisent qu'ils vivent désormais sous la coupe réglée de la famille Sarko.....

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