Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

09 mai 2004

46° 31' 26" , 6° 38' 13"

Le lac   Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour ?   O lac! l'année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde! je viens seul m'asseoir sur cette pierre Où tu la vis s'asseoir!   Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ; Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ; Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes Sur ses pieds adorés. ... [Lire la suite]
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09 mai 2004

Allégeance

  Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima? Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part. Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse. Dans... [Lire la suite]
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07 mai 2004

La sagesse est de ne pas s'agglomérer...

"... mais, dans la création et la nature communes, de trouver notre nombre, notre réciprocité, nos différences, notre passage, notre vérité, et ce peu de désespoir qui en est l'aiguillon et le mouvant brouillard."René Char - Rougeur des Matinaux   Désagrégeons-nous.Désapprenons-nous.Désespérons-nous. Décevoir autrui, c'est le guérir d'un mal qu'il ne se supposait pas avoir, le libérer."Tu resteras genoux à l'air sur le mur de ton doute." Après tout, ce blog n'a jamais été pensé que comme un substitut morphinique... [Lire la suite]
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07 mai 2004

Lettera Amorosa

"Cet hivernage de la pensée occupée d'un seul être que l'absence s'efforce de placer à mi-longueur du factice et du surnaturel. Lunes et nuit, vous êtes un loup de velours noir, village, sur la veillée de mon amour. Mon éloge tournoie sur les boucles de ton front, comme un épervier à bec droit. Parfois j'imagine qu'il serait bon de se noyer à la surface d'un étang où nulle barque ne s'aventurerait.Ensuite, ressusciter dans le courant d'un vrai torrent où tes couleurs bouillonneraient. Souvent je ne parle que pour toi, afin... [Lire la suite]
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06 mai 2004

Ne pas prendre sans donner

Et aujourd'hui, j'ai plutôt envie de donner. Mais pas mes maux, ni mes mots. Pour une fois. Une façon comme une autre de s'échapper, de ne pas se dire, tout en ne se terrant pas au fond de son trou en berçant sa douleur. Alors je travaille à la page Musique (vous l'avez aussi dans la colonne) dont l'idée m'est venue à force de lire chez d'autres les textes de mes chansons préférées.Ils vous offrent les mots, je vous offre l'air qui va avec... partage des tâches ! Je vous ai rajouté Emilie Simon, Pat Metheny, Yann Tiersen et... [Lire la suite]
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05 mai 2004

Le mépris

Il y a quelque années de cela, je me souviens avoir lu le premier roman d'Anny Duperey, pas du tout une biographie, qui s'appelait, je crois, "Le nez de Mazarin".L'idée de départ était la description de la destruction d'une relation de couple suite à un incident, dont le lecteur n'est jamais tout à fait certain (pas plus que l'héroïne d'ailleurs) qu'il se soit réellement produit.En gros et sans entrer dans l'intégralité du récit, lors d'un trajet de nuit,  la femme sommeille au côté de son époux qui conduit et, dans un flash,... [Lire la suite]
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04 mai 2004

Il me semble être l'égal d'un dieu...

Dernier Canova de la journée... je n'ai jamais pu résister à celui-là, le Eros et Psyché... si je ne me retenais pas, je le mettrais sous tous les angles, toutes les lumières possibles... Et puis pardon Catulle ! Pardon mon Gaius ! J'ai moqué ta Lesbia alors que l'offrande publique de ton poème 51 a été un des instants les plus exaltants/exultants de ma vie. Oui, tu l'as volé à Sappho, la plus grande poétesse grecque de tous les temps, mais tu l'as fait avec tant de talent qu'on ne peut que te pardonner... Ille, si fas est,... [Lire la suite]
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04 mai 2004

Le regard amoureux

L'amour rend aveugle, dit-on. Oui mais alors, c'est quoi les yeux de l'amour ? C'est quoi la "vision de l'amour" ? J'ai souvent remarqué que les poètes hommes avaient une façon bien à eux de sublimer leur amour, en l'enjolivant physiquement, en en faisant des descriptions qui, pour chatoyantes et voluptueuses qu'elles soient, n'en étaient pas moins assez éloignées d'une réalité bien plus prosaïque... et moins glorieuse esthétiquement parlant !Les amantes de Baudelaire étaient loin d'être des premiers prix de beauté, la Lesbia de... [Lire la suite]
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04 mai 2004

Contrecoup...

  Vélléitaire...La chose qui m'agace le plus en moi, ces derniers temps.Parfois, par éclairs aussi fugaces qu'inattendus (et vraissemblablement vains), je me jette dans une fausse bataille perdue depuis des lustres, rarement par enthousiasme, couramment par dégoût.Contre. Toujours contre. La sanction ne tarde pas et elle est toujours la même.Dès le lendemain au plus tard, un vague sentiment d'inutilité et de honte.Comme si le fait même de m'être réveillée n'était que la preuve a contrario de l'obscénité de mon existence. ... [Lire la suite]
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03 mai 2004

"Mouvement et courage", qu'ils disent...

Concernant le "débat" entendu sur l'émission "Ripostes" d'Arte, hier dimanche, c'est au "discours" que je voudrais m'attaquer, aux "mots". Les mots sont importants.Et ceux entendus hier commencent à me faire monter la moutarde au nez comme jamais.Je n'ai pas les outils "intellectuels" ou culturels pour une analyse purement économique (quoique je ne vois pas trop comment on peut séparer le politique de l'économique) donc je me cantonne à ce que je sais faire : le billet d'humeur. De très mauvaise humeur. Nous avions donc un... [Lire la suite]
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