Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

10 juillet 2004

A Poison Tree

Bald Cypress at sunset on Lake Martin. Louisiana, USA

J'aime les nuits silencieuses.
J'aime ces nuits d'été en ville, de la mi-juillet à la mi-août, lorsque les fourmis sont parties se presser en rangs serrés qui sur des plages, qui dans des bars, qui dans des fêtes.
L'immeuble est vide. Pas un son.
Des rues muettes  ne me proviennent plus ces bruits de circulation qui empoisonnent le vide et la musique du vide.
Je me réapproprie un espace et un monde sous une forme étrangère, une forme inhumaine, là où l'humain n'est plus.
La poésie sonne mieux dans ce silence apaisé, dans l'odeur des arbres mouillés par l'averse.

Demain, je refermerai les baies vitrées, je descendrai mes volets afin d'obtenir cette lumière dorée par les canisses qui lambrissent les balustrades. Cette lumière et rien d'autre. Pas de ciel, pas d'immeubles, pas de nuages, pas de feuilles. Juste la lumière comme autant de lances satinées d'ambre, crevant par-ci par-là l'ombre douce de leur jet oblique.

Au coeur, j'ai pourtant la blessure infime d'un oubli. Oh ! Trois fois rien ! Juste une promesse non tenue. Un mot absent. Une inconséquence de plus. Une de trop.
Petite douleur pour petite blessure de petite mémoire.
Juste le rappel pas vraiment nécessaire de ce qu'on sait déjà tous au fond de nous, quoiqu'on veuille bien nous dire.
Non, personne n'est indispensable.

Je relis William Blake. J'ai hésité longuement à mettre un de ses tableaux mais leur inspiration torturée et flamboyante ne collait pas avec la douceur tendre et l'immobilité de ma nuit.

A Poison Tree

I was angry with my friend :
I told my wrath, my wrath did end.
I was angry with my foe;
I told it not, my wrath did grow.

And I water'd it in fears,
Night & morning with my tears ;
And I sunned it with my smiles
And with soft deceitful wiles.

And it grew both day and night,
Till it bore an apple bright ;
And my foe beheld it shine,
And he knew that it was mine,

And into my garden stole
When the night had veil'd the pole :
In the morning glad I see
My foe outstretch'd beneath the tree.

Et le plaisir infini de la satisfaction à n'avoir jamais ressenti chose semblable à ton égard, mon âme.
Toi, tu ne m'as jamais déçue.
S'il n'y avait sur terre que nous, mon amour, nous serions sans complices et sans alliés.
Avant-coureurs candides ou survivants hébétés.
Merci d'être, sans jamais te casser, sans jamais décliner, sans jamais t'altérer.

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Posté par Oneiros à 02:23 - Agapè - Commentaires [0] - Permalien [#]

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