Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

26 juin 2004

La nuit introuvable

Ether Elegia - Johann Fournier - Seule ?

"Je n'entrerai pas dans votre coeur pour limiter sa mémoire.
Je ne retiendrai pas votre bouche pour l'empêcher de s'entrouvrir sur le bleu de l'air et la soif de partir.
Je veux être pour vous la liberté et le vent de la vie qui passe le seuil de toujours avant que la nuit ne devienne introuvable."

Ma nuit est perdue quelque part dans un labyrinthe dont je n'ai même plus envie de retrouver le fil.
Attraction de l'abîme.
Plaisir malsain de la destruction.
Comme dans la rue. Spirale du "Je suis rien". Automutilation qui dément, qui nie, qui efface.
Eraser.
Les chiens, les cartons, les baignoires où l'on dort. Les poubelles ventre à l'air. Le non-regard des autres.
Ricanement de mon pantin de mémoire.
Comme une boucle qui se referme.
Comme ma bouche que je clos, têtue. Tête en l'air. Tête en enfer. Décapitée.
Le moineau mort de Lesbia.
Le poème 51 de Gaius Catullus, pulvérisé.
Mon monde est rond.
J'ai fait le tour.
Fin de voyage.

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 17:04 - Agapè - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    Rond

    Le monde serait rond, d'où pourtant l'on se tient à la lisière. S'y accrochant, faire le manège des chevaux qui courent, qui courent, qui courent. Il paraît qu'on les abat, eux aussi. Mais c'est une question de littérature, alors... laisser tomber les phrases pour une fois et toutes les autres. Et courir, et courir...

    Frantz
    Posté par Frantz, 26 juin 2004 à 21:28
  • Je n'y avais pas pensé avant que tu y fasses allusion.... mais j'ai l'image de Jane Fonda qui s'imprime indélébilement sur la rétine.... grâce à toi.
    Merci.

    Peut pas laisser tomber les phrases : ce sont mes baudriers, mes mousquetons.
    Je devrais pourtant.
    Tu as raison.
    Mais je n'ai pas cette forme de courage.
    Ou de parfaite abnégation.
    Posté par Oneiros Thanatos, 26 juin 2004 à 22:48
  • Si tu veux, je te donne un peu de ma nuit...
    Posté par Ataegina, 27 juin 2004 à 09:29
  • Etrange comme ta note ressemble à un adieu lancé à la face du monde...
    Posté par Nouilles, 28 juin 2004 à 00:56
  • The very late Oneiros...

    ... notez le mauvais jeu de mot : "late" pouvant signifier autant "en retard" que "défunt" dans la langue de Marlowe, Keats, Blake ou Wilde.

    > Atae : merci mais je n'ai jamais su apprivoiser les nuits des autres et, au demeurant, restant fidèle à l'enseignement de St Ex, je ne voudrais pas me sentir responsable de ta nuit... même offerte si gentiment.

    > Nouilles : la face du monde se fout de moi comme je me fous d'elle depuis près de dix ans. Autant te dire que je n'irais pas gaspiller des instants essentiels à lui faire mes adieux. Faudrait-il qu'elle les mérite un tant soit peu...
    A la limite, tu pourrais penser que c'est un adieu que je me balance à la gueule en espérant que le boomerang sera fatal.
    Je l'ai déjà dit et je m'en tiens à ma brutale franchise qui peut déplaire, mais ici, sur ce blog, j'écris pour moi. Je m'écris comme on se scarifit.
    Ce que je ne fais pas en commentaire sur les blogs des autres parce que ce serait indélicat.

    A tous les deux, merci.
    Posté par Oneiros Thanatos, 02 juillet 2004 à 21:52
  • Pareil

    J'ai le même genre d'emmerdes, je crois qu'on se comprend bien sur ce thème...
    Merci pour le brin de lecture, prends soin de toi.
    A plus tard,

    Vincent
    Posté par unconscious, 16 juillet 2004 à 02:51

Poster un commentaire