Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

22 juin 2004

Tentation immonde...

J'ai failli le faire.
Juste failli, heureusement.
J'ai failli le coller ici mon fameux countdown. En tête de gondole du blog.

Dégueulasse. C'était absolument et définitivement dégueulasse à faire.
Et si j'utilise un mot aussi abject, cru et vulgaire c'est que le mouvement qui l'inspirait était de la même eau. Une façon de me gifler en "violant" mon goût du verbe et du style.

Qu'il s'égrène sous mes yeux et mes yeux seuls, ça me regarde, moi, ma morbidité et mes pulsions mortifères.
Je ne sais pas de façon précise ce qui m'a poussé à l'afficher constamment à ma vue. Probablement un mélange disparate de sentiments. Contradictoire, aussi.
Il doit y avoir là-dedans, une proportion variable de défi, d'autoflagellation, de détermination, d'orgueil, de lâcheté, de volonté et peut-être deux ou trois autres petites choses planquées tout au fond de la boîte de Pandore. Hormis l'espoir qui, pourtant, est censé y rester selon la légende.

Ce qui est évident c'est que si l'idée m'en est venue à l'esprit avant que je ne l'en chasse, c'est que j'ai atteint une fois de plus la plage "sans douleur", enfin... presque sans douleur. Cette espèce d'insensibilisation que je connais déjà et qui me détache encore plus des autres.
Mon Perspex Dome.

Le problème avec cette sensation, c'est qu'elle est à double tranchant.
Pour ce qui me concerne, elle est comme une pause, un moment de repos, un instant de répit dans le maelstrom de la souffrance. J'arrive enfin à détacher la douleur de moi comme un lézard qui changerait de peau.
La douleur comme un coup de soleil, une brûlure et, enfin... je pèle !
Mais la contrepartie de cette stase de tranquillité est qu'elle s'applique également aux autres si je n'y prends garde.
Je me soucie moins d'eux, ils sont loin, comme des ombres grises, impalpables, fantomatiques, irréelles. Comme si j'étais déjà morte pour eux.
Et j'oublie que je peux faire mal si je laisse tomber le masque.

Cette idée cruelle autant que saugrenue et inutile de coller mon sablier virtuel ici, elle est fille bâtarde de cette froideur de cadavre qui s'insinue peu à peu en moi.
Je ne sais pas ce qui m'a réveillé mais j'ai vraiment eu le sentiment d'être dans un état d'hypnose dont je ne sais quoi (conscience ? compassion ? honnêteté ?) m'a tirée en sursaut avant de faire cette saloperie.

Oui.
Une saloperie. Rien d'autre.
Je me méprise pour avoir failli céder à cette tentation d'un égocentrisme fou. Déjà d'une inhumanité glaçante.

Je ne l'ai peut-être pas fait mais, pour l'idée-même d'avoir pu y penser, j'ai envie de m'excuser.
M'excuser en général, pas auprès de quelqu'un en particulier.
Demander pardon dans le vide.
Mais demander pardon quand même.

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Posté par Oneiros à 17:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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