Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

20 juin 2004

L'honneur des États-Unis d'Amérique

Il s'appelle Robert C. Byrd. C'est le doyen des sénateurs américains avec ses très verts 85 ans. Il est démocrate et anti-guerre.
Il est surtout moral.
Vous l'avez vu dans le fabuleux documentaire de William Karel sur France 2, vendredi soir, "Le monde selon Bush".

Personnellement, je n'ai rien appris qui me stupéfie totalement dans ce film prodigieux, tout bêtement parce que je me tiens informée de très près et que le Net est depuis des années la seule façon de ne pas se laisser avoir par la propagande Fox News & CNN en provenance des Maîtres du Monde.
Il n'est que le coup du seul avion autorisé à survoler le territoire des Etas-Unis le 12 septembre 2001 et rapatriant en catastrophe toute la famille Ben Laden vers l'Arabie Saoudite.... ça, ça m'avait échappé.... mais si c'est abracadabrantesque Chichi©, ça n'est pas franchement étonnant puisque tout le monde sait maintenant que la famille Bush est la plus grande copine de la famille Ben Laden et ce, depuis des années...
Depuis vendredi soir, en tout cas, ceux qui ne le savent pas sont soit des abrutis, soit des aveugles ou des sourds.... ou plus simple.... ils ne veulent pas savoir ou ils s'en moquent... c'est leur droit le plus strict mais il ne faudra pas venir geindre "Ah ben je savais pas moi !" quand ce sera trop tard pour leur pomme...

Je veux bien qu'on soit allergique à Michael Moore et certaines de ses méthodes soit expéditives soit biaisées (C'est un clown ! Il ne faut pas l'oublier ! Coluche non plus ne faisait pas dans la dentelle...) mais le film de Karel, c'est la pointure au-dessus au niveau du sérieux...
Comment ce type a fait pour réussir à interviewer Perle et Carlucci... ça me démonte !

Mais les deux moments les plus hallucinants de ce documentaire, c'est la mise en abîme de ces deux figures de l'Amérique d'aujourd'hui.
Byrd, le sénateur, et Carlucci, le patron de la Carlyle.

Byrd, moderne Cicéron, colosse haranguant ses collègues le 12 février 2003 au Sénat des États-Unis, bouleversant comme James Stewart l'était dans "Mr. Smith au Sénat" de Franck Capra.
Son site est  et le discours en question, le désormais fameux "We Stand Passively Mute", est ici pour les anglophones.
Et Robert Carlucci, patron de la pieuvre Carlyle, que j'ai dénoncée depuis des années sur tous les fora jusqu'à me faire traiter de gauchiste anti-américaine primaire, voire de parano, par tous les nains lèche-culs de l'ultra-libéralisme.
Marmoréen, métallique, un regard terrifiant de fixité glaçante. Le moment où, après avoir répondu de façon lénifiante à son interlocuteur, il boit lentement son verre de soda sans le lâcher une nano-seconde des yeux... j'en ai encore froid dans le dos.

Alors qu'on ne vienne pas me dire après ça que la vie est belle. Comme dans un film de Capra, justement.

Non.
Elle est moche.
Et au vu de ce qu'a montré Karel, ça n'est pas prêt de changer.
Il y a un Michel-Ange pour des milliers de Bush et de Carlucci et des millions de veaux pour mettre au pouvoir des Bush ou des Carlucci.
Alors non, Anne ma Chiboumette, le VHEMT.org, ça n'est pas une plaisanterie glauque pour moi.
C'est une solution.
En tout cas pour ceux qui n'ont plus rien pour quoi se battre.
Ou qui se sont battus jusqu'à s'y briser les reins.
Ou qui n'ont plus rien à perdre.
Ou qui sont tout simplement fatigués.

Si, toi, tu as quelque chose à perdre, quelque chose à défendre, à sauver...
Quelque chose dans la vie qui vaille le coup de le défendre, vas-y, bats-toi ! Tu as raison ! Mille fois !
Mes voeux t'accompagnent mais si je choisis de m'effacer où, quand et comment je le souhaite, c'est que j'ai de très bonnes raisons pour cela.

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 20:13 - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    Lu dans l'ordre chrono et donc j'arrive ici après avoir répondu plus bas.

    Encore une fois je ne juge pas. A chacun sa solution, bien malin qui pourrait dire que ce qu'il a entre les mains est éternel.

    Merci pour ce que tu m'as donné, même virtuellement, même sans intention. C'est tout ce que ce "non" voulait dire.
    Posté par Anne, 21 juin 2004 à 10:25
  • C'est bien...

    Je me sens maintenant plus à l'aise pour écrire ce que j'ai envie de dire...
    Parce que je sais que je n'aurai pas à me justifier.
    Et parce que je comprends mieux ce que voulait dire ton "non !"...
    Journée chargée dans le registre du spectacle "Tout va bien" à donner... mais je vais tâcher de te trouver une étoile pour te faire un peu rêver avant d'aller remplir mes obligations...
    En remerciement.
    Posté par Oneiros Thanatos, 21 juin 2004 à 12:01
  • Cinquante siècles d'oscillation, comme un pendule, entre hécatombe et neurasthénie, carnage et psychologie sont peut-être nécessaires à un fragment de poésie, ou à défaut, une seconde de lucidité aiguë...

    "Il est incroyable que la perspective d'avoir un biographe n'ait fait renoncer personne à avoir une vie" ( Syllogismes de l'amertume )
    Posté par Aliénor Rzeczska, 03 juin 2005 à 17:21

Poster un commentaire