Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

15 juin 2004

Ô mon étoile...

Terminé. Je n'arrive plus à travailler. Mais vraiment plus du tout.
Une bonne heure que j'essaie de rester concentrée mais j'abandonne. Je sais bien que c'est inutile.

La plus longue soirée de ma vie qui commence ce soir. Il n'est d'ailleurs pas dit qu'elle ne se prolonge pas bien au-delà de la soirée... pourquoi pas ? C'est moi qui ai imaginé un seuil, une dead line mais dans la mesure où je ne la contrôle pas, pour une fois, rien ne dit qu'elle obéira à mes voeux.

Ça m'en fait donc deux.
Celle qui s'égrène sur l'écran de mon bureau par la grâce d'un script astucieux que je me suis concocté un jour plus morbide qu'un autre et celle d'aujourd'hui qui reste suspendue dans les airs, à la disposition des alea douaniers ou postaux ou autres.

Celle du bureau est libellée de façon allusive et sybilline, compréhensible pour moi-seule mais aucun visiteur impromptu ne pourrait la déchiffrer qui ne connaît mes "avatars" internetiens...

"Encore X jours, X heures, X minutes et X secondes dans le sablier de Thanatos"...

A ceux qui s'étonnent ou s'interrogent, je réponds que c'est une allusion ironique au personnage caustique et décalé de la Mort dans la série du Disque-Monde de Pratchett.... soit ils connaissent et pensent comprendre, soit ils ne connaissent pas et n'insistent pas...
Je sais... ça n'est pas très fair-play de ma part. Mais qui m'oblige à l'être ?
Je m'oblige déjà à exister pour eux ! Qu'on ne vienne pas en plus m'assommer de leçons de morale jésuitiques !

Je peux être très "impolie" à ma façon. Une impolitesse qui ne transparaît nullement dans mes mots ou mes expressions.
Juste une impolitesse de la pensée silencieuse qui ment sans vergogne, qui dissimule sans honte, qui s'insurge sans manières.

Les bonnes manières ! Ah !
Voilà qui me rappelle le somptueux personnage du Prince Salina dans Le Guépard de Visconti.
J'entends encore sa voix, dans la nuit sicilienne, qui rétorque amusé à de jeunes soldats anglais s'étonnant de la venue des garibaldiens sur l'île :
« Ils sont venus nous enseigner les bonnes manières mais ils n'y parviendront pas parce que nous sommes des dieux...»

Ou encore, cette fin sublime... à genoux dans la rue, après le bal, à l'aube :
« Ô mon étoile, quand donc me donneras-tu rendez-vous moins éphémère dans ton domaine des certitudes éternelles ?... »

Combien de fois ne me la suis-je pas répétée dans la noirceur étouffante de ma propre nuit ?

« Ô mon étoile, quand donc me donneras-tu rendez-vous moins éphémère dans ton domaine des certitudes éternelles ?... »

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