Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

14 juin 2004

L'écriture du silence

Est-ce que toute passion absolue finit en soliloque ?

Je me souviens d'un roman de Duras, le Ravissement de Lol V. Stein, qui m'avait fascinée et terrifiée à l'époque.
Et puis j'ai connu ça, ce dessaisissement total de soi. Cette quête de soi à travers l'autre. Cet abandon de soi pour l'autre.
L'insoutenable jouissance du bonheur de l'autre que ne vient pervertir que la cruauté de la séparation et de l'absence.

On se soustrait, on s'efface, on vit à côté de sa vie.

Que ce soit un silence de ravissement devant l'éblouissement de la révélation de l'amour fou, ou un silence de sidération dans le calvaire de l'obstacle, du vide, de la perte, on en revient toujours au silence.

Cette consécration du vide qui fait que l'on passe insensiblement, naturellement, du "dire" au "non-dit", au mot, à l'écrit.
Là où la parole meurt, l'écriture surgit, comme son ombre portée par le soleil noir de la mélancolie qui flamboie dans Nerval.

Marguerite Duras ne s'est jamais séparée de Lol V. Stein...
Dans La Vie matérielle, beaucoup plus tard, elle disait : "Écrire... c'est le contraire de raconter des histoires... C'est raconter une histoire et l'absence de cette histoire. C'est raconter une histoire qui en passe par son absence."

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