Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

12 juin 2004

Ma nuit talismanique

Ecrire la nuit.
Ecrire sous les étoiles.
Pourquoi cette heure de prédilection ?

Encore faut-il que les conditions nécessaires soient remplies !
Là, j'ai rongé mon frein jusqu'à ce que le loto paroissial soit enfin terminé. Pas de chance : le terrain et les bâtiments de la dite paroisse sont mes voisins et, un vendredi soir par mois, j'ai droit aux voitures garées n'importe comment mais sous mes fenêtres de préférence... ce qui veut dire que vers minuit et demi, j'en ai pour trois bons quarts d'heure à supporter le brouhaha de la foule qui sort, les cris, les apostrophes, les claquements de portières, les rugissements de moteurs (Dieux ! Que les humains aiment à jouer avec une toute bête pédale d'accélérateur !), les démarrages sur les chapeaux de roues (je n'ai pas franchement l'impression que tous ces paroissiens suçent uniquement de la glace en plaçant leurs petites bouboules sur leurs petites cacases...) et autres pollutions sonores, franchement gênantes par soirées étouffantes et moites qui imposent les baies vitrées grandes ouvertes.
Je ne vais quand même pas vivre dans une étuve pour échapper à ce vacarme !

Ce qui est le plus gênant dans cette intrusion, c'est que j'ai l'impression qu'on me vole ma niche, mon cocon, mon refuge... ma nuit, quoi !

Bon sang ! Mais je ne vous enquiquine pas, moi !
Je ne bouge pas hors de mes quatre murs et quand je sors, c'est avec des précautions de chatte sauvageonne, sans faire de bruit, en étant polie avec les rares humains que je suis amenée à fréquenter, c'est-à-dire ma buraliste (charmante au demeurant ! Un sourire et une gentillesse qui me réconcilieraient presque avec le reste de ses congénères !), la caissière du Leader Price qui me facture mon café et mes pommes et avec qui je me fais un devoir d'engager la conversation, ne serait-ce que parce que la goujaterie ordinaire des pékins moyens à l'égard de ces esclaves modernes n'a fait que s'intensifier avec l'apparition du portable (ces gougnaffiers qui sonnent bobonne ou marcel sans un regard pour celui ou celle qui trime à 50 cms d'eux.... je les tuerais sur place !)... et puis c'est tout !

Tiens ! Et bien demain, j'irai au Parvis m'acheter le dernier Michel Onfray, ce doit être "Petites philosophies féroces" si je ne me trompe pas.
Du coup, ça montera mon tableau de chasse de "l'humain à qui je parle" à trois en comptant le libraire.
Et en plus, ça risque de me faire du bien. Le livre, je veux dire !

Et zut ! Je dois bosser aussi ! Comment vais-je m'en tirer entre mes désirs et mes devoirs ?
Mal, comme d'habitude. C'est tout vu...

Qu'il est beau le silence de cette nuit, encore rehaussé par le contraste avec l'agitation bruyante de tout à l'heure !
Et toi, mon âme ?
Quel est la saveur de ton silence nocturne ? Sens-tu son poids et sa texture particulière comme moi ?

"La faveur des étoiles est de nous inviter à parler, de montrer que nous ne sommes pas seuls, que l'aurore a un toit et mon feu tes deux mains."
René Char

La nuit, je ne suis jamais seule. Tu m'accompagnes. En douceur.

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 01:42 - Agapè - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire