Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

28 mai 2004

Venin...

 

Besoin de venin, ce soir...

 

Je viens de revoir ça....

"Il paraît que l'Empereur de Byzance, quand il recevait le peuple en audience, avait un trône qui pendant la conversation, s'élevait mystérieusement dans les airs à la grande consternation des visiteurs.
Mais comme nous vivons en démocratie, j'inverse la procédure, je ne m'élève pas, je m'abaisse".

Violet Venable (aka Katherine Hepburn), trônant dans l'ascenceur ridicule qui lui sert à passer du 1er étage au rez-de-chaussée de sa tout aussi vénéneuse maison qu'elle,  dans "Suddenly last Summer" de Joe Mankiewicz.

 

Pour le reste....

Bah... autant revoir Cléopatre, version "définitive", pour la 100.000ème fois que s'échiner à se faire comprendre...

Et puis ça finit aussi sur une histoire de venin...

"Il en est qui laissent des poisons, d'autres des remèdes.
Difficiles à déchiffrer.
Il faut goûter."

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Ava...

 

Pour la Maria d'Amata de la "Comtesse aux pieds nus" de Joe Mankiewicz...
Pour la Pandora du "Hollandais volant" d'Albert Lewin...
Pour la chanson d'Alain Souchon...
Pour la robe...
Pour le plaisir et la magie...

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Ecoute... Brel... en pensant Pavese

(Cliquez sur le lien pour lancer Real... )

Jacques Brel Les désespérés - "Jef"

Se tiennent par la main
Et marchent en silence
Dans ces villes éteintes
Que le crachin balance
Le sol que leur pas
Pas à pas fredonné
Ils marchent en silence
Les désespérés

Ils ont brûlés leurs ailes
Ils ont perdu leurs branches
Tellement naufragés
Que la mort paraît blanche
Ils reviennent d'amour
Ils se sont réveillés
Ils marchent en silence
Les désespérés

Et je sais leur chemin
Pour l'avoir cheminé
Déjà plus de cent fois
Cent fois plus qu'à moitié
Moins vieux ou plus meurtris
Ils vont terminer
Partent en silence
Les désespérés

Lente sous le pont
L'eau est douce et profonde
Voici la bonne hôtesse
Voici la fin du monde
Ils pleurent leurs prénoms
Comme de jeunes mariés
Ils fondent en silence
Les désespérés

Que se lève celui
Qui leur lance la pierre
Ils ne sait de l'amour
Que le verbe s'aimer
Sur le pont il n'est plus rien
Qu'une brume légère
Ça s'oublie en silence
Ceux qui ont espéré


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La plus atroce offense

Le 5 Octobre 1938, Cesare Pavese écrit dans son Journal : "La plus atroce offense que l'on puisse faire à un homme c'est de nier qu'il souffre".

Ce n'est pas d'un public qu'a besoin l'homme qui souffre, c'est d'une oreille arrachée au temps présent, d'une présence. Les suicidés de la littérature le disent partout dans leurs écrits.
Mais les livres, les journaux, les lettres et les carnets des écrivains sont dans des bibliothèques, à l'abri des meurtrissures de l'univers.
On ne songe pas à eux lorsqu'on pense au suicide.
On consulte des sociologues, des statisticiens, des psychologues, des médecins, des chimistes.
On compare des courbes, des chiffres, d'une région à l'autre, d'un pays à l'autre. Familles désunies, problèmes d'alcool et de drogues, drames affectifs, abandon scolaire, enfances malheureuses, violence conjugale, problèmes de santé mentale, dépression, détresse existentielle.
Des mots, encore des mots pour couvrir la saleté de la souffrance.
La camoufler en la banalisant, en la maquillant, en l'édulcorant, en l'instrumentalisant et la déformant mille fois.
La travestir en fantôme d'elle-même.
La dernière chanteuse d'une StarAc quelconque qui beugle avec vibrato insupportable (et interminable) dans la voix un "je ne peux vivre sans toi" tout en admirant et surveillant l'effet que ça produit sur son auditoire... du coin de l'oeil...
Un effet de scène sans effet de sens.
Roland Barthes disait déjà : « Ce que le public réclame, c'est l'image de la passion, non la passion elle-même. »

Souffrir ce n'est rien, ce pourrait être grand, être humain.
Ce qui est impossible à chaque humain, c'est de souffrir pour rien, pour personne, même plus pour soi.

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Posté par Oneiros à 15:01 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Carmel

Association d'idées en rapport avec le silence... c'est comme pour les liens qu'on trouve sur les blogs ou les sites, parfois, ça mène dans toutes les directions... même les plus biscornues !

N'étant ni croyante ni dotée d'une quelconque connaissance sur la question religieuse, il se peut que je me trompe quant à la terminologie ou aux définitions qui suivent mais ça n'est pas trop grave.

Si je ne m'égare pas, il y a en gros deux sortes de religieuses, les cloîtrées contemplatives, enfermées, consacrées à la prière et les religieuses en contact avec le monde... en très gros, hein !

Jusqu'à présent, j'ai toujours eu un peu de mal à comprendre le choix des premières. Cette vie qui m'apparaissait "inutile", cet enfermement et ce refus de tout contact avec la vie séculière ou laïque, le refus également de toute distraction ou activité qui les détournerait de l'axe de leur vie, la prière en leur dieu, la méditation.

Et puis finalement, je me demande si c'est bien un choix.

Autant je vois une forme de vocation dans le destin de religieuses qui se consacrent au service d'un dieu au travers du service aux autres.
Autant je me demande si on peut réellement parler de "vocation" dans le cas des Carmélites, par exemple.
Est-ce que ce n'est pas plutôt de l'ordre de la pulsion irrépressible,  de leur tempérament ?
En fait, est-ce qu'elles ont vraiment le choix (ou fait un choix) et pas plutôt suivi la pente de leur nature parce qu'à un moment donné, elles se sont senties incapables d'agir autrement ?

Y a-t'il réellement "sacrifice" admirable quand on suit la course de sa passion plutôt que de la contraindre ?

Tout à coup, elles me semblent beaucoup moins "deshumanisées"...

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Posté par Oneiros à 13:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Arme blanche

Pourquoi dit-on d'un silence qu'il est "à couper au couteau" ?

Si ce n'est pas de la provocation, ça....

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Posté par Oneiros à 11:56 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Orion

 

(Cliquez pour agrandir)
Le groupe du Trapèze dans la nébuleuse Orion

 

Pourquoi les étoiles ?

Réponse facile et automatique : parce que c'est beau, parce que c'est loin, parce que c'est inaccessible, parce que c'est à la fois déjà mort et éternellement vivant...

Sinon, d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours glissé une étoile dans ma signature, depuis toute petite, bien avant de découvrir que Cocteau y glissait la même.
Les gens qui m'aiment m'ont toujours offert des étoiles, que ce soit en chansons, en bijoux, en tableaux...
Les gens qui partagent mes lectures m'ont toujours appelée Elbereth, du nom de la créatrice des étoiles dans la cosmogonie tolkienienne.

Je ne sais pas... comme un signe indien qui suit ma vie à la trace. Une ombre portée derrière moi. Une image en reflet, comme les nébuleuses du même nom.

Elles ne parlent pas ?
Mais si ! Moi, je les entend me parler !
En silence.

Et c'est très beau le silence d'une étoile qui murmure en toi...

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Posté par Oneiros à 01:38 - Etoiles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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