Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

24 mai 2004

La musique souvent me prend... comme l'amour

C'est le titre d'un livre de Léo Ferré, sorte de compte-rendu issu d'une émission radio qui s'appelait "Musiques Byzantines".
A l'époque, la critique l'étrilla tant on n'a jamais pardonné aux artistes dits "populaires" de ne pas rester dans leurs petites cases, leurs petites cages...

Et pourtant !

Il suffit de lire ce que Ferré écrit sur Bartok pour comprendre à quel point l'intelligence foudroyante de cet homme et sa connaissance magistrale de la musique classique enfonçaient et de très loin les critiques "officiels" qui le massacrèrent...

Pour toi Léo...
Pour toi et pour Kotinos...

Cette parole
Que j'attendais sans te connaître
Que j'accrochais à ma fenêtre
Qui traînait pas dans les affaires
Des gens qui me faisaient la guerre
Cette parole
Qui met dans mon vocabulaire
De quoi t'apprendre les manières
Cette parole

LOVE

Cette parole
Qui traîne au nez des catastrophes
Qui vaut bien cent dix mille strophes
Qui te suffit quand je la chante
Qui coule en toi quand je t'enchante
Cette parole
Qui fait du vice la vertu
Qui met le pouvoir dans la rue
Cette parole

LOVE

Cette parole
Que tu syllabes après la fête
Qui met la fête dans la tête
Et puis ta tête dans la mienne
Et puis ma tête dans la tienne
Cette parole
Qui s'est barrée du dictionnaire
Où elle n'avait plus rien à faire
Cette parole

LOVE

Cette parole
Qui peuple notre solitude
Qui meurt au seuil de l'habitude
Qui se fait avant de se dire
Qu'on dit quand y'a plus rien à dire
Cette parole
Qui fait les hommes fraternels
Qui sort les filles du bordel
Cette parole

LOVE

Cette parole
Comme une arme contre l'offense
Comme un sourire du silence
Comme un passeur de l'autre monde
Comme un destin qui fait sa ronde
Cette parole
Comme la raison qui pâlit
Comme le prix de la folie
Cette parole

LOVE

Cette parole
Comme une porte sur le large
Comme mon texte dans ta marge
Comme tes yeux dans mon ramage
Comme moi dans ton fuselage
Cette parole
Comme le salaire du rêve
Et comme le pavé qui lève
Cette parole

LOVE

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