Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

23 mai 2004

Sarcasme de mon démon...

 

 

... ou tout est bon pour se trouver des excuses...

 

Toujours pas avancé. Toujours pas démarré.

J'ai l'impression que si j'ouvre Dreamweaver ou Photoshop, je vais faire une crise de tétanie, ou me payer une crise cardiaque, ou une crise d'épilepsie, ou de malaria ou de n'importe quoi... que je vais faire une chute de 500 mètres dans une pente à 45%, hérissée de shistes coupants comme des lames de rasoirs, qu'un tsunami millénaire va m'engloutir après avoir traversé tout l'Atlantique, que des serpents à sonnettes vont sortir des murs.

En ai-je vraiment l'impression ou est-ce que ce n'est pas de l'auto-suggestion pour ne pas me contraindre à faire ce que je ne VEUX pas faire alors que je le DOIS.

Les obligations, le devoir.
Choses saines et constructives pour la majorité des gens.
Phobies devenues irrationnelles pour moi.

Peut-être pas si irrationnelles que ça, d'ailleurs.
Il y a une logique pour moi à refuser le devoir et les obligations. Toutes choses qui vous relient aux AUTRES.

Je ne suis plus reliée à rien ni à personne. En très grande partie de façon délibérée.
Tendre un fil vers les autres, c'est se tisser un fil à la patte.
Quelque chose qui entraverait ma liberté de les quitter et qui les attacherait eux, à moi.

Alors, mon petit Faust, qui prend alternativement les têtes et les voix de Gérard Philipe et de Michel Simon, fait des siennes, des cabrioles ridicules, des pieds-de-nez, des croche-pattes.
Là, sous mon nez. Ou sur Despair.com

N'empêche qu'il ne me sauvera pas la mise et qu'il faudra bien que j'obtempère avant que le peloton d'exécution... ne s'exécute.

Ou alors, je fais ce que je sais faire le mieux : je laisse faire... j'attend jusqu'à ce qu'il soit trop tard et que rien ne puisse me sauver.
Douée que pour les désastres.

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Pitoyable tentative d'autodérision...

 

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Posté par Oneiros à 19:22 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Paralysie

Voilà plus de 15 jours que j'ai un travail à faire.
Plus d'un mois que je me suis engagée à le faire. Moralement.

Et j'en suis incapable.
Pas incapable de le faire mais incapable de faire autre chose que de ne rien faire, justement. Ne plus bouger un cil. Ne plus agir. Ne plus exister.

Ça n'est pas de la paresse ou de la fatigue.
C'est un sentiment d'obscénité totale à entamer quelque chose qui ne soit pas tourné vers lui, à m'engager dans une démarche qui puisse m'apporter quelque chose ou être constructive et donc projettée vers un avenir qui me fait horreur et que je ne peux même pas concevoir sans y voir une lâcheté insurmontable.

C'est arrivé à un stade tel que je n'arrive plus à ouvrir mon courrier sans être secouée de nausées. Comme si le geste-même était une trahison envers moi-même.
Cela fait plus d'un an que je ne n'ouvre que les recommandés, contrainte et forcée.
Ou les lettres de ma mère dont je reconnais l'écriture de plus en plus difficile. Et encore ! Faut-il qu'elle ait laissé un message sur mon répondeur pour me signaler qu'elle m'avait écrit ! Elle commence à se méfier !

Cette nuit sera donc vraissemblablement un enfer parce que je vais le faire, ce satané boulot. Par culpabilité. Pas par envie, pas par désoeuvrement, pas par ennui.
Une fois de plus, toujours et encore, par culpabilité.
Sans plaisir. Dans la panique et l'affolement.

Et je sais aussi que si j'écris ce billet, c'est dans l'espoir dérisoire qu'il sera une telle gifle que ça réveillera ne serait-ce qu'un soupçon de dignité en moi.

C'est comme si j'étais sortie de mon corps et que je regardais ce pauvre pantin désarticulé que je suis devenue, sans aménité, sans complaisance, le haïssant d'être devenu une loque, le méprisant pour son manque d'énergie et de courage, jouissant du spectacle de sa destruction parce que c'est la seule chose qui arrive à me réjouir tant je le déteste.
Je ne pensais pas qu'il était possible de se haïr au point de ressentir pour soi autant d'abjection. Totalement et absolument. 
Comme d'avoir conscience d'en être le seul maître d'oeuvre.

The Downward Spiral...

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Posté par Oneiros à 17:39 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Donne toujours plus que tu ne peux reprendre...

 

Early morning on Chippewa harbor. Isle Royale National Park

... et oublie.

"L'intensité est silencieuse.
Son image ne l'est pas.
J'aime qui m'éblouie puis accentue l'obscur à l'intérieur de moi."

René Char

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Posté par Oneiros à 03:14 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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