Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

12 mai 2004

Un ruban de satin rose...

Hier, confiante par inadvertance en un timide rayon de soleil qui semblait présager d'une remontée de température, j'enfile un fourreau chinois... mal m'en prit ! C'est bien joli les robes artistiquement fendues sur le côté mais quand le thermomètre n'arrive pas à décoller au-dessus de 14°, ça devient du masochisme assez rapidement !

Exit donc le satin noir savamment brodé de fleurs de pommiers et rush vers le portant, histoire de trouver un truc plus chaud. 

Je dégotte vite fait un pull col roulé noir et extirpe au jugé ce qui me tombe sous la main à ce moment-là.... ma salopette de charpentier genre 15 tailles de trop, noire elle-aussi... on change pas ses habitudes comme ça !

Pas mise depuis bien plus d'un an, va savoir pourquoi...

Et là.... le petit memento auquel on ne s'attend jamais avant qu'il ne vous saute à la gorge...
Une incongrue tâche pâle couleur pétale de rose accrochée à la bretelle... un noeud de satin...

C'était il y a deux ans.
Je lui avais avoué ne pas avoir dans ma pléthorique discothèque d'enregistrements de l'opéra de Mussorgsky, la Khovantchina. J'avais bien le fameux "Boris Godunov" mais pas celui-là....
Quelques jours après, colis dans ma boîte aux lettres (à l'époque, j'avais des raisons de l'ouvrir) et à l'intérieur, outre la lettre d'amour et les CD gravés de la merveille en question... une boîte de chocolats que la poste suisse avait épargnée.
Pas n'importe lesquels ! De chez Blondel ! La meilleure chocolaterie de Lausanne !
C'était un peu le coup de pied de l'âne en forme de moquerie tendre puisque je clamais haut et fort depuis quelques temps que le chocolat était né à Bayonne et non pas ni outre-Quiévrain ni outre-Alpes... juste pour enquiquiner le monde, ma soeur jumelle de coeur belge et mon âme-soeur suisse, quoi !
De toutes façons, j'avais tout de même raison parce que ce sont bien les conquistadores qui ont ramené la précieuse fève aux Rois très Catholiques d'Espagne par les ports basques.... non mais !

La dite-boîte, dorée, fut vidée en un quart de tour. Et conservée pieusement, elle aussi.
Et le ruban rose qui l'agrémentait en guise de fermeture est venu, en défi joyeux, orner par dérision la fameuse salopette ! Photos webcam à l'appui !

Après ça, je me souviens qu'on n'avait pas cessé de faire des allusions décodables par nous seuls (et franchement déplorables !) à des "Candy à couettes aux gros noeuds roses" et autres "petit prince des collines" sur les fora où l'on retrouvait toute notre bande habituelle.
Plaisir intime du secret, de la plaisanterie comprise par les seuls deux initiés, dont on usait et abusait...

Depuis hier, ce noeud rose, il est sur mon côté gauche et je ne sais pas si c'est purement psychologique ou si la magie opère encore mais je n'ai plus mal. Pas eu besoin des anti-douleurs journaliers, ni d'autres adjujants moins classiques pour juguler la bête à pinces. Matée.

Je sais que ça ne durera pas mais tant qu'il est là, sur mon coeur, ce satin rose dérisoire, ce sont des mois d'effacés, d'oubliés,
Une tâche rose pour remonter le temps.
Je porte tes couleurs, mon âme.

 

En fouillant, j'ai retrouvé aussi tous mes Dead Can Dance que j'écoutais assez souvent à cette époque précise et je vais en mettre 6 dans la discothèque.

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Posté par Oneiros à 19:48 - Agapè - Commentaires [0] - Permalien [#]

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