Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

04 mai 2004

Il me semble être l'égal d'un dieu...

Dernier Canova de la journée... je n'ai jamais pu résister à celui-là, le Eros et Psyché... si je ne me retenais pas, je le mettrais sous tous les angles, toutes les lumières possibles...

Et puis pardon Catulle ! Pardon mon Gaius !

J'ai moqué ta Lesbia alors que l'offrande publique de ton poème 51 a été un des instants les plus exaltants/exultants de ma vie.

Oui, tu l'as volé à Sappho, la plus grande poétesse grecque de tous les temps, mais tu l'as fait avec tant de talent qu'on ne peut que te pardonner...

Ille, si fas est, superare diuos,
Qui sedens aduersus identidem te
Spectat et audit
Dulce ridentem, misero quod omnis
Eripit sensus mihi ; nam simul te,
Lesbia, aspexi, nihil est super mi
Vocis in ore,
Lingua sed torpet, tenuis sub artus
Flamma demanat, sonitu suopte
Tintinant aures, gemina teguntur
Lumina nocte.
Otium, Catulle, tibi molestum est ;
Otio exultas nimiumque gestis.
Otium et reges prius et beatas
Perdidit urbes.


Une des traductions possibles...

 Il me semble être l'égal d'un dieu, il me semble, si c'est possible, surpasser les dieux celui qui, assis en face de toi, peut souvent te contempler et t'entendre,
   doucement souriante, bonheur qui ravit à ma pauvre âme l'usage de tous mes sens ; car à peine t'ai-je aperçue, Lesbia, que ma voix expire dans ma bouche,
   ma langue est paralysée, un feu subtil coule dans mes membres, un bourdonnement intérieur fait tinter mes oreilles et une double nuit s'étend sur mes yeux.
   L'oisiveté, Catulle, t'es funeste ; l'oisiveté fait naître en toi trop de transports et d'excitation ; c'est l'oisiveté qui, avant toi, a perdu tant de rois et de villes florissantes.

Et pour être juste, la transcription de l'original, retrouvé par fragments et dont on ne saura jamais s'il est complet ou non...

Sappho, Fragment 31

   Celui-là me paraît être l'égal des dieux, l'homme qui, assis en face de toi, de tout près, écoute ta voix si douce
   Et ce rire enchanteur qui, je le jure, a fait fondre mon cœur dans ma poitrine ; car, dès que je t'aperçois un instant, il ne m'est plus possible d'articuler une parole ;
   Mais ma langue se brise, et, sous ma peau, soudain se glisse un feu subtil ; mes yeux sont sans regard, mes oreilles bourdonnent,
   La sueur ruisselle de mon corps, un frisson me saisit toute; je deviens plus verte que l'herbe, et peu s'en faut, je me sens mourir (ô Agallis ?)
   Mais on doit tout oser, puisque...

Voilà... je vais laisser la double nuit s'étendre sur mes yeux...

Bonne nuit, mon âme.

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Posté par Oneiros à 23:24 - Agapè - Commentaires [0] - Permalien [#]

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