Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

02 mai 2004

Sommeil sur la plaie, pareil à du sel

C'était exactement la photo.
Mais ça n'étaient pas mes couleurs.

L'océan avait des teintes lait à la menthe maculées de douteuses traînées livides lorsque le soleil se cachait.
Rien de la pourpre espérée, rien de l'ébène rougeoyant, rien de la nappe irréelle de lumière qui baigne les derniers contreforts du Pays basque et le fait ressembler à une Valinor onirique, la terre bénie d'Aman ou trône Elbereth au haut du Taniquetil...

Alors en guise de vengeance et pour gifler ces cieux qui n'étaient pas au rendez-vous, j'ai sorti le cerf-volant de combat de mon coffre et je l'ai fait danser en écoutant Ritual de lo Habitual de Jane's Addiction, à fond dans les écouteurs.
La voix baroque de ce fou de Perry Farrel, rythmée par le grondement sourd des rouleaux incessants, perceptible malgré tout, ça tenait de cette démence dont parle si bien Stefan Zweig dans "Amok".
Au bout d'une heure de ce duel-là, j'avais l'impression d'être ivre à rouler sous la table.

J'ai regardé une dernière fois vers l'Ouest, vers mon rendez-vous, j'ai fermé les yeux devant tant de beauté et tant de promesses, puis je lui ai souri.
A mon Océan, à mes Hâvres Gris.

When Winter comes, the winter wild that hill and wood shall slay;
When trees shall fall and starless night devour the sunless day;
When wind is in the deadly East, then in the bitter rain
I'll look for thee, and call to thee; I'll come to thee again!

When Winter comes, and singing ends; when darkness falls at last;
When broken is the barren bough, and light and labour past;
I'll look for thee, and wait for thee, until we meet again:
Together we will take the road beneath the bitter rain!

Together we will take the road that leads into the West,
And far away will find a land where both our hearts may rest.

 

EDIT 1 heure après : Je m'étais couchée avec Char et un mal aux épaules infernal et je tombe sur quoi ?....
Ça... : "Il en va de certaines femmes comme des vagues de la mer. En s'élançant de toute leur jeunesse elles franchissent un rocher trop élevé pour leur retour. Cette flaque désormais croupira là, prisonnière, belle par éclair, à cause des cristaux de sel qu'elle renferme et qui lentement se substituent à son vivant."

....... Fleur de sel cristallisée... décidemment, sans le savoir je l'avais bien trouvé mon titre de post !

Attention ! Les commentaires doivent faire moins de 1000 caractères ! Sauvegardez avant l'envoi..."Ctrl A + Ctrl C" mon sauveur...!"
Posté par Oneiros à 03:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire