Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

26 avril 2004

Valacirca, égarée dans le Sud...

Je me souviens des Léonides de 2002.
C'était au mois de novembre, aux alentours du 18 ou du 19.
La pluie d'étoiles filantes devait avoir deux pics. L'un autour de 22 ou 23 heures et le second, plus intense pour l'hémisphère Nord, vers 4 heures du matin.
La première m'était de toutes façons interdite puisque, comme à l'accoutumée, je serai rivée à mon écran sur ICQ pour défaire le monde avec lui.
Et de toutes façons, j'adorais l'idée de m'instaurer guetteur d'étoiles alors qu'il dormirait. Pouvoir les lui décrire le lendemain.
Et puis c'était mon emploi, que diable ! Elbereth, l'Enflammeuse d'Etoiles ou le néant !

Sueurs froides.... une heure avant, nuées moutonneuses ! Puis le petit souffle d'Ouest qui lave les cieux miraculeusement. Il n'est plus que la pleine Lune pour gêner le spectacle mais je lui pardonne aisément : elle m'a offert Cyrano et Baptiste de Enfants du Paradis ce qui vaut toutes les absolutions.

Armée de café poivré au piment d'Espelette et d'une patience infinie comme l'azur, j'ai construit mon poste d'observation sur le balcon, orienté à l'Est ce qui tombait bien en l'occurence puisque la pollution lumineuse urbaine y est moins violente.

Et elles sont enfin arrivées...
Un ballet totalement désordonné (ce qui m'a étonnée... je croyais naïvement que tels des nuages d'étourneaux, elles fusaient dans le même sens, comme des lemmings affolés), une pluie de flèches tellement rapides et pressées qu'elles faisaient mentir le "prompt couteau, lente étoile" de René Char... et faire mentir un poète, ça n'est pas donné à tout le monde !
J'ai écarquillé les yeux autant qu'il m'a été possible de les plier à ma volonté et puis je suis rentrée, grelottante mais radieuse, ai repris mon poste devant l'écran et écrit mon mail de rapport vers les 6 heures du matin afin qu'il le trouve à son réveil et avant que je ne m'endorme dans ses bras comme toutes les nuits pendant qu'il piquerait du nez sur ses cartes géographiques.
De toutes façons, plus rien ne pouvait lui arriver puisque, selon la tradition, j'avais fait un voeu à chaque étoile qui capitulait dans ce vent astral : le cosmos entier veillait sur lui désormais.

« And over Middle-earth he passed
and heard at last the weeping sore
of women and of elven-maids
in Elder Days, in years of yore.
But on him mighty doom was laid,
till Moon should fade, an orbed star
to pass, and tarry never more
on Hither Shores where mortals are;
for ever still a herald on
an errand that should never rest
to bear his shining lamp afar,
the Flammifer of Westernesse. »

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Posté par Oneiros à 13:27 - Agapè - Commentaires [0] - Permalien [#]

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