Kotinos Ghost

... ou les fragments d'Oneiros Thanatos

"Je crois à s'arracher le coeur comme on dégoupille une grenade"

22 avril 2004

Si la vie pouvait n'être que du sommeil désappointé...

Tout à l'heure, le coeur dans un étau, comme ça me prend souvent, à l'improviste, et sans avoir jamais trouvé la parade pour juguler la crise à ses prémices, je reprend Char en espérant y trouver un apaisement à défaut d'une solution.

Et je tombe sur ça :
"Tu es dans ton essence constamment poète, constamment au zénith de ton amour, constamment avide de vérité et de justice.
C'est sans doute un mal nécessaire que tu ne puisses l'être assidumment dans ta conscience."

Lumière ! C'est peut-être ça l'explication.
Si je transpose ces lignes du domaine de la poésie à celui de la vie (pas de l'existence, pour exister il faut être relié aux autres, il faut donner et recevoir. Ça n'est plus mon cas.) et pour revenir à la question que je me posais il y a quelques jours sur mon inaptitude à vivre ce à quoi j'adhère intellectuellement, comme le "Nous désirons sans fin" de Vaneigem ou la philosophie hédoniste d'Onfray, j'ai l'intuition vague d'avoir un peu mieux délimité ma problématique.
Je suis vivante dans mon essence, plus dans ma conscience.

La comparaison s'arrête là parce que je me sens incapable de juger si c'est un mal nécessaire ou même un mal tout court.

Mais mon essence étant le rêve, je ne m'étonne plus de ne parvenir à vivre que sur ce plan-là.
Je crois même que c'est le seul plan dans lequel j'existe réellement, pour paradoxal que cela paraisse.

Il est fort probable que cela finisse par me détruire mais je ne me résoudrai jamais à considérer cela comme un véritable échec ou à m'en plaindre.
Le rêve me procure des fulgurances qui valent la peine de s'y perdre corps et biens.

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